Le travail socio-photographique est une affaire de lien, de rencontre, de singularité. Chaque démarche est unique. Chaque travail est un révélateur.

Concrètement, un accompagnement se déroule en plusieurs phases. La première consiste à se raconter et à créer un lien de confiance. Entrer dans un studio photographique est une démarche particulière. Il faut oser, faire le pas, et se lancer ! Toute personne qui traverse ou a traversé une maladie ou un accident a besoin de sentir la zone de sécurité qui sera sienne, les modalités de fonctionnement et la bienveillance qui permettra d’entrer dans une forme d’intimité.
Par la suite, plusieurs séances alliant coaching et photographies seront programmées. Au gré des besoins et des envies, celles-ci pourront aller d’une séance de portrait simple à une séance de photographie des cicatrices, voir une séance de peinture corporelle (bodypainting). Des shooting avec le conjoint ou les enfants, à l’extérieur, dans différents contextes de studio sont proposés et permettent, au fur et à mesure des mois, à la personne de concrètement « se voir évoluer », appréhender son nouveau corps, et le plus souvent, l’aimer.


Quant au coaching, celui-ci n’est pas forcément introduit dans la phase initiale, tant l’acte de « se voir » est déjà une étape à franchir qui soulève son lot d’émotions et de ressentis complexes. Après chaque séance de photographie, le modèle a besoin un temps pour se raconter et verbaliser le vécu qui a suivi la découverte des photos, les prises de consciences, le rejet parfois et les sentiments qui ont pu surgir. Au bout de quelques mois, vient alors un moment où le modèle, plus à l’aise en studio et plus habitué à se regarder en photo, entre de lui-même en démarche de coaching. Il prend conscience de certains freins personnels et se fixe des objectifs pour oser montrer sa démarche, se confronter à un ou plusieurs regards extérieurs pour finalement, mieux vivre ce corps nouvellement appréhendé.
Finalement, c’est le modèle lui-même qui souhaite, après plusieurs mois, tester de nouvelles choses en studio, se mettre en scène pour quitter l’étape d’acceptation de soi et aller vers… l’amour de soi.


Une démarche d’accompagnement avec une personne ordinaire se déroule généralement sur une période de 6 à 8 mois. Dans un cas de maladie, cette période peut s'étendre à 12 à 18 mois. Au-delà des précautions que requièrt un tel accompagnement (c’est parfois de la dentelle), il faut tenir compte des impératifs liés à la fatigue du modèle, à ses rendez-vous médicaux, voire ses opérations. Le bien-être est évidemment la priorité et l’accompagnement sera adapté à chaque personne en fonction de ses besoins et de ses particularités.
La photographie constitue aussi une trace que l’on laisse dans sa propre histoire. Le modèle reçoit les épreuves photographiques issues de sa démarche pour son usage personnel, en souvenir d’une étape de vie marquante, et parfois en souvenir de liens familiaux. Certains modèles choisissent, après quelques mois, de rendre visibles leurs photos dans différents contextes. Parfois, ils nous autorisent à les utiliser, convaincus de l’utilité sociale de ce travail.
